

Introduction :
Définition :
L'Art Nouveau est le nom français d'un courant artistique international qui s'est developpé en réaction à l'académisme et à l'historiscime* de la fin du XIXème siècle .
Il prend son essor un peu avant 1890, et se termine avec la guerre de 1914 . Il correspond à la Belle Epoque et connaît son épanouissement vers 1900 .
Les artistes du mouvement Art Nouveau voulaient abolir la distinction entre “Arts Majeurs et “Arts Mineurs . Ils espéraient que leurs oeuvres unifient tous les arts pour tenter d'améliorer l'environnement dans la vie de l'homme . L'Art devient UTILE .* historiscime : tendance en architecture à s'inspirer des époques passées ( Moyen-Age, Gothique, Roman, Bysantin ... ) .
Recherche des différents noms de ce courant artistique
Ce mouvement a été représenté par des artistes de toute l'Europe et des Etats-Unis . Chaque pays avait plusieurs noms pour appeler ce mouvement . Certains étant donné à partir du nom d'un artiste, d'une revue artistique ou d'une entreprise .
France : Art Nouveau - style Guimard
Angleterre : Modern Style Allemagne : Jugendstil ( style proné par la revue Jugend ) Italie : style Floral ou style Liberty ( d'après la firme anglaise )
Belgique : Art Nouveau Espagne : Modernism
Pays-Bas : Niewe kunst
Autriche : Sezessionstil ( secession )
USA : Tiffany
Norvège : Romantisme Nationalcliquez pour agrandir
Les Grands Foyers d'Art Nouveau

ART ET INDUSTRIE
I - Les nouveaux produits industriels liés à la Révolution Industrielle et à la production de masse mis au service de la production artistique du courant Art Nouveau :
1°) L'architecture :
En France, Guimard, redécouvre la pierre de taille ( pierre d'Euville ), permettant de fabriquer des piliers, de larges ouvertures de fenêtre, des cheminées aux formes ondulées, des balcons aux gardes corps et aux fers forgés, de grandes entrées surmontées de verrières .
2°) Le fer :
Dans le domaine de la ferronnerie, le fer est traité, travaillé en ruban, en torsades, en volutes ( lampes en fer forgé de Gallé ) . Il peut servir à souligner la ligne sinueuse d'un meuble . Le fer forgé autorise les formes ondulées . La ferronerie architecturale permet la réalisation d'oeuvre en acier riveté ( Ex : Tour Eiffel ) . La fonte peut se mouler ( Guimard en France ) .3°) Le bois :
Des bois exotiques provenant des colonies apparaissent sur le marché tel l'acajou du Brésil, l'ébène, le sycomore ( pour la marqueterie ) . Les bois régionaux sont redécouverts ( chêne, noyer, poirier ... ) . La ligne devient fluide, souple, "en coups de fouet", "en brins de persil" . Les meubles prennent de la cambrure, de l'ondulation ( meubles de Majorelle et de Gallé ) .
4°) Le verre :
Les verreries de Jean et Auguste Daum, produisent de la verrerie ordinaire et du verre de montre jusqu'en 1898 . Puis l'évolution se fait vers le service de table de bonne exécution . Dans l'Art verrier, il y a recherche de colorations nouvelles ( “Clair de Lune de Gallé)Il y a incorporation d'impuretés de différentes matières dans le verre par des techniques complexes pour donner de nouveaux effets
- Fabrication de marqueterie de verre
- Decors gravés à l'acide fluoridrique
- Verre irisé qui prend les couleurs du prisme
- Verre américain de Grüber qui a la particularité de changer de teinte en fonction de la direction et de l'intensité de la lumière .
- Création de vitraux aux motifs civils
Fabrication de grandes marquises en verre et fer forgé
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5°) Céramique :
Incorporation de la céramique dans l'architecture, telles les façades en céramique de nombreux immeubles à Bruxelles .
Découverte de la céramique ingerçable en 1840
Emaux et céramiques de Longwy .6°) Béton Armé :
Utilisé pour la première fois dans la conception de la villa Majorelle à Nancy .

II - Comment les artistes du courant ART NOUVEAU conjuguent-ils leur exigence créatrice et les structures industrielles de production de leurs créations ?
Les artistes du mouvement Art Nouveau, voulaient abolir la distinction
entre Arts Majeurs et “Arts Mineurs, et pour se faire ils ont compris qu'il
fallait intégrer la logique économique à leur art par :
- la Mécanisation
- la Rationalisation de la production
- la Prise en compte de nouveaux besoins liés à l'urbanisation
- l'Intégration de la “fée électricité, qui est le fruit bienfaisant qui donne corps à l'inspiration .Soucieux du rapport qualité/prix, les industriels d'art de Nancy, obtiennent des résultats satisfaisants aussi bien dans le domaine de la production en petite série que dans le domaine de la production en série standard .
Cette production met en lumière une spécificité propre à l'école de Nancy . Parce que Gallé puis Daum puis Majorelle se sont orientés vers la série, leur disponibilité financière permet d'investir dans la recherche tant par la conception de pièces d'exception qui font la réputation de leur établissement, que par le développement de reflexion sur des modèles promis à une application sérielle .
Tout en étant des artistes dans leur domaine, ils restent attentifs à l'évolution des modes de vie, et des habitudes sociales ; ainsi les industriels d'Art tentent de répondre à l'Art et à l'Utile par des concepts nouveaux : “Ce sont les beaux petits meubles bons marché de Gallé et Majorelle .
C'est là le réel privilège comparé à des créateurs d'Art Nouveau, qui conçoivent mais ne disposent pas d'infrastructures de production .Camille Gauthier l'a bien compris, ayant débuté chez Majorelle en 1893, il s'installe à son compte en 1901 . Comme Gallé et Majorelle, il mécanise son atelier, il s'attache exclusivement à produire des meubles simples, plutôt fonctionnels, logiques de construction, et contemporains par leur décor naturaliste .
Malgré l'absence de magasins et de dépôts, il réussit à s'imposer par son catalogue de vente par correspondance qui lui permet de vendre à prix attratif .
L'engouement du public montre bien que si Gauthier ne fut pas un créateur de premier plan, sa démarche commerciale et le difficile équilibre qu'il obtient entre la recherche et la qualité d'exécution, liée à une fabrication en série, l'impose comme une des figures modernes de l'Art Nouveau nancéien .Emile Gallé : Industriel, poète et créateur, a hérité de l'entreprise de verrerie familiale . Pour décorer ses oeuvres, il doit passer par la faïencerie de Saint-Clément, puis de Raon l'Etape, puis de Clair-fontaine . Donc pour mieux dynamiser ses propres réalisations, Gallé va progressivement regrouper ses moyens de productions à Nancy . En 1885, il devient fabriquant industriel de faïence grâce à l'installation d'un four et il y installe à proximité son atelier de décor .
En 1894, il crée sa propre cristallerie industrielle et de création .Louis Majorelle : Issus d'une famille de 8 enfants, il fait ses études à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris . Pendant que Jules et Pierre s'occupent de la fabrication des meubles en série, Louis s'oriente dans la fabrication des meubles modernes .
Jean et son fils Auguste Daum : La fin du XIXème siècle voit l'émergence d'un grand du verre à Nancy ; Jean Daum . L'entreprise est productrice de verres ordinaires et de verre de montre mais elle évolue rapidement vers le service de table de bonne qualité . Antoine, frère cadet d'Auguste, prend la responsabilité de l'orientation artistique de l'entreprise en 1891 .
Gallé, Majorelle, Daum, sont des artistes en position favorable dans un contexte d'idées libérales . L'existence d'une entreprise familiale bien implantée à Nancy, une structure familiale stable leur a permis de se libérer des tracas administratifs, de la gestion des affaires, et lui a permis de se consacrer uniquement à leur art .

Conclusion :
Le courant Art Nouveau a vécu un quart de siècle, et s'est endormi
avec les artistes qui l'ont engendrés . Mais l'Art Nouveau à ses débuts
souligne une contradiction de l'Ecole de Nancy : Alors même que le projet
vise à embellir la vie de chaque individu, le coût du geste artisanal
et de la mise en scène décorative fait du marché moderne une
exception réservée à quelques commanditaires fortunés .
Il ne reste donc pour le plus grand nombre que son substitut, l'ornement naturaliste,
isolé, superficiel, plaqué sur la façade, mais qui n'est rien
d'autre qu'une formule stylistique vide, en rupture, avec les grandes idées
de Gallé .
Aujourd'hui la reconnaissance de l'Ecole de Nancy est totale, son patrimoine
architectural est protégé . Mises en valeur dans son musée, les
collections exposées révèlent L'Ecole de Nancy, comme une contradiction
traduisant la confusion dans laquelle elle s'est épanouie . L'artiste est
à la fois un artisan par la production d'objets de belle manufacture et
un industriel par des productions sérielles .
Bibliographie :
- Emille Gallé et l'Ecole de Nancy, Christian Debize . Edition : Serpenoise
- Art Nouveau, l'épopée lorraine par Alain Dusart et François Moulin
Editions de l'Est- L'objet d'Art n°321, Février 1998 : La villa Majorelle à Nancy
- 100 ans d'Art Nouveau, L'est Magazine n°406
- L'Art Nouveau ( sur Internet )
http://art-nouveau.kubos.org/fr/an.htm- Encyclopédie Universalis
- Le guide Art Nouveau de Nancy par Fabrice Barvian et Philippe Sauter
Editions de l'Est
- Ecole de Nancy, Itinéraire Art Nouveau ( dépliant de l'office de tourisme de Nancy )
- Nancy Architecture 1900 : Itinéraire du patrimoine ( dépliant de la Direction Régional des Affaires Culturelles, région de Lorraine )
